Les impacts positifs des plantes exotiques envahissantes
quand les plantes invasives rendent des services insoupçonnés
Si les plantes exotiques envahissantes sont principalement connues pour leurs effets néfastes, certaines présentent des bénéfices avérés. Le rapport IPBES 2023 et l'Office français de la biodiversité reconnaissent que, dans des cas spécifiques, ces espèces peuvent fournir des services écosystémiques ou des avantages économiques. ← Retour vers la page plantes exotiques envahissantes
Les plantes exotiques envahissantes ont-elles des bénéfices ?
La réponse est nuancée. Si la grande majorité des plantes exotiques envahissantes causent des dommages importants, il arrive que certaines espèces fournissent des services dans des contextes particuliers. Ces bénéfices sont documentés par la communauté scientifique, mais ils restent localisés et ne compensent généralement pas les impacts négatifs globaux.
Cet article fait le point sur ces impacts positifs, tout en rappelant pourquoi ils ne doivent pas occulter les risques majeurs que représentent les espèces invasives.
Services écosystémiques rendus par certaines plantes exotiques
Stabilisation des sols et biocombustible : la canne de Provence
La canne de Provence (Arundo donax) est un exemple emblématique de plante exotique envahissante à double visage. Si elle colonise les berges et peut étouffer la végétation locale, elle a été historiquement utilisée pour fabriquer des paniers, paillassons et instruments de musique.
Aujourd'hui, elle est valorisée pour la stabilisation des sols et comme biocombustible, offrant une ressource renouvelable dans certaines régions méditerranéennes.
Soutien aux pollinisateurs : le buddléia
Le buddléia (Buddleja davidii), surnommé « arbre aux papillons », est une plante exotique envahissante très mellifère. Ses fleurs attirent de nombreux papillons et pollinisateurs, ce qui en fait une source de nourriture appréciable, notamment en milieu urbain où les ressources florales sont limitées.
⚠️ Le buddléia colonise rapidement les friches, voies ferrées et berges. Il est déjà interdit dans certains pays européens comme la Suisse.
Attractivité touristique et identité régionale : le mimosa
Le mimosa (Acacia dealbata) est devenu un symbole du littoral méditerranéen français. Sa floraison hivernale spectaculaire attire les touristes, alimente une filière économique locale (parfumerie, fêtes du mimosa) et contribue à l'identité culturelle de régions comme l'Estérel ou Bormes-les-Mimosas.
⚠️ Ses racines traçantes appauvrissent les sols, concurrencent les espèces méditerranéennes indigènes et représentent un risque pour les canalisations et les infrastructures.
Pourquoi les bénéfices ne compensent pas les risques
Il est essentiel de replacer ces bénéfices dans leur contexte. Les impacts négatifs des plantes exotiques envahissantes (perte de biodiversité, coûts économiques, risques sanitaires) sont systémiques et durables, tandis que les bénéfices restent ponctuels et localisés.
Ce que les bénéfices ne changent pas
- La perte de biodiversité locale reste réelle et mesurable
- Les coûts de gestion restent élevés et durables
- Les risques sanitaires demeurent pour certaines espèces
Le bon équilibre
- Ne pas diaboliser toutes les plantes exotiques
- Sur 1 000 plantes introduites, 1 seule devient envahissante
- Mieux connaître chaque espèce pour adapter les pratiques
Dans le contexte du changement climatique, les espèces locales ont parfois du mal à assurer seules les services écosystémiques. Les espèces exotiques peuvent alors apporter des compléments utiles, à condition d'être gérées avec vigilance et responsabilité.
Le rôle des professionnels du végétal
VALHOR, interprofession du végétal, accompagne les professionnels de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage dans la gestion des plantes exotiques envahissantes.
Le Code de conduite professionnel, lancé en 2015, permet aux professionnels de s'engager volontairement pour limiter les impacts négatifs des PEE. Il distingue les espèces à restriction totale de celles à restriction partielle selon le milieu d'implantation.
Restriction totale
Espèces que les professionnels s'engagent à ne plus produire, commercialiser, prescrire ou utiliser dans aucun contexte.
Restriction partielle
Espèces dont l'usage est limité selon le milieu d'implantation — interdites en milieu naturel, tolérées en milieu contrôlé.